PORT DU ROUSSET NOV 19 Plage du Rousset

(Je viens de quitter le parking à coté du commissariat de Carro – sur la Plage du Rousset et face au port

Je repense à l’émission Boomerang d’Augustin Trapenard entendue dans le camion. Il finit par cette question : Comment sauver la beauté?)

En la vivant chaque jour. Sauver la beauté du monde ça commence par voir le beau, l’apprécier, lui être reconnaissant. Aimer la beauté c’est la rechercher constamment, la voir là où on ne l’attend pas. S’en imprégner comme je le fais en cet instant. Je suis pleinement là. Le soleil est doux, quelques mouettes brisent agréablement le silence de leurs bavardages tranquilles, deux vieux monsieurs discutent dans mon dos de leurs santés, une mamie et son petit fils font une pause face au port en mangeant une gauffre. L’eau plate qui se tient tranquille jusqu’au muret de l’enceinte du port ressemble à l’eau d’une baignoire remplie à ras bord. Une légère odeur d’algues marines flatte mes narines. La beauté est là quand les sens sont flattés. Nous sommes des êtres sensibles. Le monde existe, nous pénètre à travers nos sens. Hier nos corps ont réussi à se parler, c’était tellement bon. Et ce n’est pas un hasard si ce moment d’échange a commencé par un massage. Sur la petite plage, plus tôt dans l’après-midi en voyant cette douche, j’imaginais une baignade nocturne, une douche, un instant de sensualité en pleine nature. Est-ce du romantisme? Ce courant de pensée crée pour occuper certains esprits féminins, nourrir leurs imaginations, rompre la monotonie de leurs existences et surtout leur faire croire au mythe du couple et de l’amour ? Je ne pense pas. Ce que j’imaginais c’était un dialogue sensoriel beau et riche -parce que – là – dans cette beauté dans la transgression aussi. En rupture avec ce milieu aisé autour. Le luxe de vivre cette liberté des corps dans l’immensité de la mer, de la nuit, en opposition à l’étroitesse de ces existences enfermées dans leurs luxueuses villas – à regarder la mer par la fenêtre – à distance – sans y pénètrer.

Sauver la beauté c’est la créer? Créer de la beauté c’est la faire exister, lui donner de la place, lui faire occuper l’espace, gagner de l’espace, la propager.

Dans mon cahier bleu – 1er nov 2019 – (écrit les pieds dans l’eau – port du Rousset près de Martigues – musiques en tete : 3eme symphonie de Brahms et Yves Montand « Quand tu dors près de moi » )