Extrait 2 (p37-38)

« Aussi, réfugiez-vous, loin des motifs généraux, auprès de ceux que vous offre votre propre quotidien; peignez vos tristesses et vos désirs, les pensées fugitives et la foi en quelque beauté – peignez tout cela avec une ardente, silencieuse, humble sincérité, et servez-vous, pour vous exprimer, des choses qui vous entourent, des images de vos rêves et des objets de votre souvenir. Si votre quotidien vous parait pauvre, ne l’accusez pas; accusez-vous vous-même, dites vous que vous n’êtes pas assez poète pour en évoquer les richesses; car pour celui qui crée, il n’y a pas de pauvreté, ni de lieu pauvre, indifférent[…] »